EVALUATION FINALE

 

Portrait d'un autre physicien : Galilée

1°) Etape 1 :

Présentation de Galilée

2°) Etape 2 :

Un texte d'étude

 

MARINO MERSENNE a GALILEO [in Arcetri]. Parigi, 1° maggio 1640.

Ad Clarissimum Virum D. Galilaeum.

Saepe numero miratus sum, Vir Clarissime, neminem apud vos meos apices legere potuisse, cum nullus sit in tota Gallia, Anglia et Germania, quaqua patent, qui non eos optime legat ; et forsan hac vice, paulo felicior futurus, perlegar et responsum feram, idque circa materiam de qua Vestra Excellentia multoties cogitavit. Imprimis, quaenam sit vis et immediata causa ob quam arcus intenti redeunt : quemadmodum enim a vi cogente arcuantur atque curvantur, etiam vi certa reduci et ad lineam rectam adduci debent. Deinde, cum aer rarefactionem patitur, si modo semper continuus perstet et nulla sint in eo spatiola vacua, qua ratione potest explicari rarefactio. Denique, cum plumbeum globulum, qualis est pila mosqueti, unico ictu mallei ferrei, in incudem impacti, reducamus ad formam unius denarii aut aurei nummi, quaero quanti ponderis debeat esse malleus alter, ut, simpliciter superpositus absque motu et ictu, eundem globum plumbeum in eandem aurei formam reducat. Quae hactenus, donec aureum illum tractatum in lucem emiseris de vi percussionis, quem a te tandiu expectamus. Quod si hac vice contigerit, uti spero, meos characteres legi posse ab amicis tuis, plura postmodum satis iucunda et curiosa, praesertim circa magnetem, Tuae Excellentiae scripturus sum, quae vestris academicis non sint ingrata futura.

Vale interim, Vir ad verae philosophiae perfectionem nate, meque tui credas.

 

 

1°) Justifiez l'emploi de la langue latine dans une telle correspondance scientifique internationale.

2°) Relevez au moins trois indices d'énonciation distincts caractéristiques du mode épistolaire.

3°) Mersenne mentionne plusieurs domaines dans lesquels le génie de Galilée s'est illustré : lesquels ? Citez précisément le texte latin.

4°) Relevez des expressions qui révèlent l'admiration de Mersenne pour Galilée. Commentez leur abondance. En quoi ces sentiments du Minime Mersenne, religieux, prouvent-ils une ouverture d'esprit audacieuse ?

5°) Traduisez précisément les premières lignes de cette lettre (en caractères gras).

 

 

3°) Etape 3 :

a) Une lecture : Blaise Pascal Préface pour le Traité du vide ( extrait)

« [1.1] Le respect que l’on porte à l’Antiquité étant aujourd’hui à tel point, dans les matières où il doit avoir moins de force, que l’on se fait des oracles de toutes ses pensées, et des mystères mêmes de ses obscurités ; que l’on ne peut plus avancer de nouveautés sans péril, et que le texte d’un auteur suffit pour détruire les plus fortes raisons. . .

[1.2] Ce n’est pas mon intention soit de corriger un vice par un autre, et de ne faire nulle estime des Anciens, parce que l’on en fait trop. Je ne prétends pas bannir leur autorité pour relever le raisonnement tout seul, quoique l’on veuille établir leur autorité seule au préjudice du raisonnement.(...)

[1.4] C’est suivant cette distinction qu’il faut régler différemment l’étendue de ce respect. Le respect que l’on doit avoir pour. . .

[2.1] Dans les matières où l’on cherche seulement de savoir ce que les auteurs ont écrit, comme dans l’histoire, dans la géographie, dans la jurisprudence, dans les langues et surtout dans la théologie, et enfin dans toutes celles qui ont pour principe, ou le fait simple, ou l’institution divine ou humaine, il faut nécessairement recourir à leurs livres, puisque tout ce que l’on en peut savoir y est contenu : d’où il est évident que l’on peut en avoir la connaissance entière, et qu’il n’est pas possible d’y rien ajouter. (...)

[3.1] Il n’en est pas de même des sujets qui tombent sous le sens ou sous le raisonnement : l’autorité y est inutile ; la raison seule a lieu d’en connaître. Elles ont leurs droits séparés : l’une avait tantôt tout l’avantage ; ici l’autre règne à son tour. Mais comme les sujets de cette sorte sont proportionnés à la portée de l’esprit, il trouve une liberté toute entière de s’y étendre : sa fécondité inépuisable produit continuellement, et ses inventions peuvent être tout ensemble sans fin et sans interrruption. . .

[3.2] C’est ainsi que la géométrie, l’arithmétique, la musique, la physique, la médecine, l’architecture, et toutes les sciences qui sont soumises à l’expérience et au raisonnement, doivent être augmentées pour devenir parfaites. Les anciens les ont trouvées seulement ébauchées par ceux qui les ont précédés ; et nous les laisserons à ceux qui viendront après nous en un état plus accompli que nous les avons reçues. Comme leur perfection dépend du temps et de la peine, il est évident qu’encore que notre peine et notre temps nous eussent moins acquis que leurs travaux, séparés des nôtres, tous deux néanmoins joints ensemble doivent avoir plus d’effet que chacun en particulier.

[4.1] L’éclaircissement de cette différence doit nous faire plaindre l’aveuglement de ceux qui apportent la seule autorité pour preuve dans les matières physiques, au lieu du raisonnement ou des expériences, et nous donner de l’horreur pour la malice des autres, qui emploient le raisonnement seul dans la théologie au lieu de l’autorité de l’Ecriture et des Pères. Il faut relever le courage de ces timides qui n’osent rien inventer en physique, et confondre l’insolence de ces téméraires qui produisent des nouveautés en théologie. [. . .] Je laisse aux personnes judicieuses à remarquer l’importance de cet abus qui pervertit l’ordre des sciences avec tant d’injustice ; et je crois qu’il y en aura peu qui ne souhaitent que cette [liberté] s’applique à d’autres matières, puisque les inventions nouvelles sont infailliblement des erreurs dans les matières que l’on profane impunément ; et qu’elles sont absolument nécessaires pour la perfection de tant d’autres sujets incomparablement plus bas, que toutefois on n’oserait toucher.

[4.2] Partageons avec plus de justice notre crédulité et notre défiance, et bornons ce respect que nous avons pour les anciens. Comme la raison le fait naître, elle doit aussi le mesurer ; et considérons que, s’ils fussent demeurés dans cette retenue de n’oser rien ajouter aux connaissances qu’ils avaient reçues, et que ceux de leur temps eussent fait la même difficulté de recevoir les nouveautés qu’ils leur offraient, ils se seraient privés eux-mêmes et leur postérité du fruit de leurs inventions. Comme ils ne se sont servis de celles qui leur avaient été laissées que comme de moyens pour en avoir de nouvelles, et que cette heureuse hardiesse leur avait ouvert le chemin aux grandes choses, nous devons prendre celles qu’ils nous ont acquises de la même sorte, et à leur exemple en faire les moyens et non pas la fin de notre étude, et ainsi tâcher de les surpasser en les imitant. Car qu’y a-t-il de plus injuste que de traiter nos anciens avec plus de retenue qu’ils n’ont fait pour ceux qui les ont précédés, et d’avoir pour eux ce respect inviolable qu’ils n’ont mérité de nous que parce qu’ils n’en ont pas eu un pareil pour ceux qui ont eu sur eux le même avantage ?. . .

[5] Les secrets de la nature sont cachés ; quoiqu’elle agisse toujours, on ne découvre pas toujours ses effets : le temps les révèle d’âge en âge, et quoique toujours égale en elle-même, elle n’est pas toujours également connue. Les expériences qui nous en donnent l’intelligence multiplient continuellement ; et, comme elles sont les seuls principes de la physique, les conséquences multiplient à proportion. C’est de cette façon que l’on peut aujourd’hui prendre d’autres sentiments et de nouvelles opinions sans mépris et sans ingratitude, puique les premières connaissances qu’ils nous ont données ont servi de degrés aux nôtres, et que dans ces avantages nous leur sommes redevables de l’ascendant que nous avons sur eux ; parce que, s’étant élevés jusqu’à un certain degré où ils nous ont portés, le moindre effort nous a fait monter plus haut, et avec moins de peine et moins de gloire nous nous trouvons au-dessus d’eux. C’est de là que nous pouvons découvir des choses qu’il leur était impossible d’apercevoir. Notre vue a plus d’étendue, et, quoiqu’ils connussent ausi bien que nous tout ce qu’ils pouvaient remarquer de la nature, il n’en connaissaient pas tant néanmoins, et nous voyons plus qu’eux.

 

b) Un questionnaire d'étude

1°) Présentez succinctement les expériences que Pascal a menées pour prouver l'existence du vide.

2°) Expliquez dans ces conditions la nécessité des précautions prises dans cette Préface.

3°) Pascal distingue des sciences pour lesquelles le respect béat des Anciens est vain et stupide : précisez lesquelles et expliquez son raisonnement.

4°) En quoi les différentes théories autour du vide sont-elles une illustration de cette construction souvent paradoxale du savoir ?