HORACE, Odes, I, 5 : "A Pyrrha"

Cette Ode justement célèbre illustre le thème lyrique de la confidence et du désenchantement amoureux, qui s'inscrit dans la perspective de la pensée épicurienne : renoncement aux passions qui troublent le repos, recherche de la sérénité seule susceptible d'assurer le plaisir.
Elle évoque l'ardente beauté de Pyrrha, à qui elle est adressée, et son nouvel amant, "puer" inexpérimenté, et victime future des inconstances de la belle.
Horace intervient à la fin du poème pour évoquer sa malheureuse expérience personnelle.

 

Quis multa gracilis te puer in rosa
perfusus liquidis urget odoribus
grato, Pyrrha, sub antro ?
cui flauam religas comam,

5 simplex munditiis ? Heu quotiens fidem
mutatosque deos flebit et aspera
nigris aequora uentis
emirabitur insolens,


qui nunc te fruitur credulus aurea,
10 qui semper uacuam, semper amabilem
sperat, nescius aurae
fallacis. Miseri, quibus


intemptata nites. Me tabula sacer
uotiua paries indicat uuida
15 suspendisse potenti
uestimenta maris deo.