3 traductions différentes... (peroratio)

Que les méchants se retirent donc, pères conscrits; qu'ils se séparent des bons; qu'ils se rassemblent dans un même lieu; qu'ils mettent; je le répète encore, un mur entre eux et nous, qu'ils cessent d'attenter à la vie du consul dans sa propre maison, d'environner le tribunal du préteur, d'assiéger le sénat dans le lieu de ses délibérations, d'amasser des torches pour embraser nos demeures; enfin, qu'on puisse lire écrits sur le front de chacun les sentiments qui l'animent. Je vous le promets, pères conscrits, tels seront la vigilance des consuls, l'autorité de vos décrets, le courage des chevaliers romains, le zèle unanime de tous les gens de bien, qu'aussitôt Catilina sorti de Rome, vous verrez tous ses complots découverts, mis au grand jour, étouffés et punis. Voilà de quels présages j'accompagne ton départ, Catilina. Va, pour le salut de la république, pour ton malheur et ta ruine, pour la perte de ceux que le crime et le parricide unissent à tes destins, va commencer une guerre impie et sacrilège.  

M. Nisard. Oeuvres complètes de Cicéron, t. II, Paris, Dubochet, 1840

 

Donc, que les méchants se retirent, qu'ils se séparent des honnêtes gens, qu'ils se rassemblent en un seul lieu, qu'un mur , enfin, les sépare de nous, comme je l'ai souvent demandé ; qu'ils cessent d'attenter à la vie du consul dans sa propre maison, de faire cercle autour du tribunal du prêteur urbain, d'assiéger en armes la curie, de préparer des flèches incendiaires et des torches pour embraser Rome ; qu'on puisse enfin lire sur le front de chacun ses sentiments à l'égard de la république. Je vous promets, Pères conscrits, qu'il y aura chez vos consuls assez de vigilance, en vous assez d'autorité, chez les chevaliers romains assez de courage, entre tous les honnêtes gens assez d'accord pour que, Catilina sitôt parti, tous les complots soient dévoilés, mis en pleine lumière, étouffés et punis. Avec de tels présages, Catilina, pour le salut suprême de la république, pour ton malheur et pour ta ruine, pour la perte de ceux qui se sont liés à toi par un pacte de crimes et de parricides, pars pour cette guerre impie et monstrueuse.

Traduction d’Edouard Bailly, Belles Lettres, 1942

 

Que les méchants se retirent donc, pères conscrits, qu'ils se séparent des bons ; qu'ils se rassemblent dans un même lieu ; qu'ils mettent, comme je l'ai dit souvent, un mur entre eux et nous ; qu'ils cessent de tendre des embûches au consul dans sa propre maison, d'entourer le tribunal du préteur de la ville, d'assiéger le sénat les armes à la main, d'amasser des torches pour mettre nos maisons en flammes ; enfin que chacun porte écrits sur son front les sentiments qui l'animent à l'égard de la république. Je vous promets, pères conscrits, qu'il y aura tant de vigilance dans les consuls, tant d'autorité dans le sénat, tant de courage chez les chevaliers romains et d'accord entre tous les bons citoyens, qu'après le départ de Catilina vous verrez tous ses projets découverts, mis au grand jour, étouffés et punis. Que ces présages t'accompagnent, Catilina ; va pour le salut de la république, pour ton malheur et ta ruine, pour la perte de ceux que le crime et le parricide unissent à toi, va commencer cette guerre impie et sacrilège.

Traduction de J. Thibault, Hachette (1863).